• christian vago

J'ai testé pour vous le Pixelbook Go, Linux inside!

Mis à jour : 29 déc. 2020

Fait de matériaux haut-de-gamme, le Pixelbook Go proposé par Google est un ordinateur plutôt séduisant. De prime-abord. Remarquez que nous osons dire “ordinateur”. Pour un Chromebook le terme n’est pas anodin! C’est parce que la nouvelle mouture de Chrome OS pensée par Google nous ouvre (enfin!?) un sas vers l’univers Linux.



Le matériel

On aimera. Ou pas. Tout d’abord le déballage. Il faut reconnaître que Google a soigné chaque détail. Ouvrir une boîte de Pixelbook Go c’est comme déballer un Mac. Même ressenti.


Google décline son nouveau-né en deux coloris. L’un est noir, l’autre rose (il porte le doux nom de not pink). Le chassis est en magnesium (34% plus léger que l’alluminium, le magnésium est un métal utilisé principalement dans les industries de l’automobile et du sport). Robuste, il est (très) agréable au toucher. Le relief du dessous a été pensé pour pouvoir transporter son Pixelbook d’une main, sans (trop) craindre de l’échapper.

L’écran fournit un affichage de très bonne qualité, sans plus. On est dans du full HD ce qui veut dire que la définition du Pixelbook Go est supérieure à celle des Macbook Air d’avant 2019 dont la résolution ne dépasse pas les 1440 pixels (contre 1920 pour un full HD).

Le clavier rétro-éclairé du Pixelbook Go est génial! Sans doute supérieur aux claviers produits par Apple. Bien sûr il faut aimer les claviers à membrane. Le toucher est ultra-doux. Il donne l’impression de travailler sur de la soie.


L’OS et ses apps

Linux se déploie dans le Pixelbook en 3 clics de souris (sur l’horloge puis sur l’icône des paramètres avant d’activer l’interrupteur “Linux (beta) ” / inutile d’essayer lorsqu’on est en mode invité, l’option n’y est pas, il faut être connecté(e) à un compte). Le déploiement prend une quinzaine de minutes. Au final, il consiste en une icône Terminal qui nous permet de diriger notre ordinateur en lignes de commandes.


Aux fins des tests, nous nous sommes essayés avec l’installation de plusieurs applications, dont Stellarium (le logiciel libre de planétarium, sous licence publique générale GNU, disponible pour Linux, Windows et Mac OS X. Il utilise OpenGL pour afficher le ciel de manière photo-réaliste en temps réel).


Pour ajouter Stellarium les lignes de commande étaient familières, un simple sudo apt-get update puis sudo apt-get install stellarium et le tour était joué.


L’ensemble des paquets de Gnome s’installe lui aussi sans problème sudo apt-get install gnome-software gnome-packagekit mais ne rêvons pas d’un bureau Gnome, ça serait trop beau!


En effet, quand on utilise Linux sur un Pixelbook on comprend vite que l’objectif du fabriquant n’a pas été de permettre le remplacement de Chrome OS par une autre distribution de Linux. Tout est trop encadré, confiné, de sorte que Linux et les applications installées depuis le terminal sont maintenus dans un espace cloisonné.


Des raccourcis peuvent être créés et ajoutés à la barre de lancement ce qui rend leur utilisation presque intégrée, il n’empêche que l’utilisateur n’a pas le choix de faire avec 2 systèmes de gestion de fichiers différents, cloisonnés l’un de l’autre. Ainsi, l’explorateur de Gnome ne communique pas avec celui de Chrome OS.


Dit autrement, la fonction Linux (beta) de Chrome OS est actuellement à Linux ce que Parallels est à Windows sur un Mac.



Chambre à part… jusque dans les pilotes!


Pour installer un pilote sur un Chromebook rien de plus simple puisqu’il suffit d’installer l’app du fabricant depuis le Play Store (comme sur une tablette ou un téléphone portable Android). Ensuite, étant donné que Google cloisonne son Chrome OS (Linux) d’avec Linux libre les pilotes doivent être installés dans ce dernier, sans quoi vous ne pourrez pas imprimer depuis les applications libres!


Une visite sur les sites des fabricants s’imposait. EPSON est le plus convainquant, suivi de BROTHER. Tous deux développent des pilotes Linux – y compris pour leurs modèles les plus récents – qu’ils mettent à disposition sur leurs pages au même titre que les pilotes pour OS X et Windows. Par contre HP ne fait pas l’effort et se repose entièrement sur les concepteurs externes de pilotes – sans lien avec HP – laissant leurs clients se débrouiller comme ils peuvent. CANON ne fait pas mieux.


Des dollars et des configs

À voir son prix élevé, Google semble sûre de la qualité de fabrication de son poulain. Quand on y pense, un Pixelbook se détaille au prix d’un Mac, ou pas loin, à savoir au-dessus de la barre psychologique des $1000 (mille) dollars canadiens / € 680 Euros, pour une configuration de base (Processeur i5, 8 Go de mémoire vive et 128 Go en SSD, un écran tactile full HD).


Vaut-il son prix? D’un point de vue de l’affect, de l’esthétique et de la qualité de sa fabrication je dirais “Peut-être, oui ». Mais quand on y regarde de plus près, ce Chromebook est plutôt cher. N’oublions pas que Apple équipe ses ordinateurs de logiciels parmi les meilleurs du marché, sans qu’on ait à trop fouiller dans l’univers de l’Open Source pour ré-hausser le tout.


Par ailleurs 128 Go de stockage c’est peu. Tant Apple que Google devraient vivre avec notre temps. 256 Go serait un minimum.


Scott Stein de CNET résume plutôt bien la situation “Great battery life, and such a nice keyboard. But for this price, that’s not enough.” (excellente autonomie de batterie, un clavier fantastique. Mais pour le prix, ce n’est pas assez)



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